Définition
Devoir éthique en clinique d'éviter de causer des préjudices prévisibles et évitables aux patients et de réduire les risques liés aux interventions en identifiant les dangers, en évaluant leur probabilité et gravité, puis en prenant des mesures raisonnables pour les prévenir ou les atténuer.
Principe
Principe
Une action susceptible d'entraîner un préjudice évitable net envers un patient doit être retardée, modifiée ou remplacée par une alternative plus sûre lorsque cela est raisonnablement possible.
Démonstration
Démonstration
Scénario illustratif : Situation — Un patient présente une allergie grave documentée au Médicament A, pourtant standard pour sa pathologie. Reconnaissance — Le clinicien identifie un risque élevé d'anaphylaxie. Action — Le clinicien privilégie le Médicament B, alternative d'efficacité comparable et de risque allergique significativement plus faible, et motive sa décision dans le dossier. Conséquence — Le patient est traité efficacement et un événement indésirable grave est évité.
Mauvaise application
Mauvaise application
Interpréter la non‑malfaisance comme l'interdiction catégorique de tout risque (refuser toute intervention qui comporte un quelconque risque) est une erreur sémantique : cela confond l'évitement absolu du risque et l'obligation d'empêcher des dommages prévisibles et disproportionnés, en tenant compte du rapport risque‑bénéfice.
Conséquence
Conséquence
La non‑malfaisance impose aux cliniciens et aux organisations de mettre en place des évaluations des risques, de privilégier des alternatives plus sûres lorsque disponibles, d'obtenir les informations pertinentes pour prévoir les dommages et de justifier les interventions comportant des risques non négligeables.
Inversion
Inversion
Lorsque le patient compétent accepte raisonnablement un risque connu pour obtenir un bénéfice anticipé, ou lorsque s'abstenir d'une intervention risquée entraînerait un mal supérieur (par exemple en situation d'urgence pour éviter un décès imminent), l'interdiction stricte ne s'applique pas : le devoir doit être mis en balance avec la bienfaisance et le respect du consentement autonome.
Limite
Limite
S'applique aux décisions cliniques professionnelles et à la conception des systèmes ; il ne contraint pas en soi à entreprendre des actions productrices de bien (ce qui relève de la bienfaisance) et ne se confond pas avec la définition juridique de la négligence, qui dépend du droit applicable.
Tension sémantique
Tension sémantique
Tension avec le Principe du Respect de l'Autonomie : un patient compétent peut accepter des risques que le clinicien juge préjudiciables ; la non‑malfaisance restreint les recommandations cliniques sans annuler automatiquement le choix autonome.
Synthèse
Synthèse
La non‑malfaisance agit comme une contrainte de sécurité : elle limite les actions cliniques permises en donnant priorité à la prévention des dommages prévisibles, mais elle doit être appliquée par une évaluation proportionnée des risques et en équilibre avec la bienfaisance et les choix du patient.