Définition
Hypothèse en écologie des invasions selon laquelle, lorsqu'une espèce est introduite dans une nouvelle région, elle peut subir une régulation moindre par ses prédateurs, parasites et agents pathogènes d'origine (ennemis naturels), et que cette moindre pression ennemie peut permettre une croissance démographique plus élevée favorisant établissement et expansion.
Principe
Principe
Une réduction de la mortalité ou de la suppression par des ennemis naturels coévolués dans l'aire introduite augmente le potentiel de croissance nette de la population introduite, modifiant les taux démographiques et facilitant l'expansion du domaine par rapport à l'aire native où la pression ennemie est plus forte.
Démonstration
Démonstration
Scénario illustratif : une plante introduite dans une nouvelle région ne rencontre pas son herbivore spécialiste présent dans l'aire native ; avec une mortalité induite par herbivores plus faible, la production de graines et le recrutement augmentent, ce qui élève la croissance de la population et permet l'expansion en habitats ouverts — sous réserve que d'autres ressources ne limitent pas.
Mauvaise application
Mauvaise application
Attribuer l'invasivité uniquement à la libération d'ennemis sans prendre en compte d'autres moteurs (pression de propagation, traits du cycle de vie, adéquation abiotique, perturbation, mutualistes) ou supposer que l'absence d'ennemis originels garantit systématiquement l'invasion.
Conséquence
Conséquence
Informe les approches d'évaluation des risques et de gestion (p. ex. pourquoi certaines introductions deviennent invasives et la logique du contrôle biologique classique), mais s'appuyer exclusivement sur l'ERH peut conduire à des actions inappropriées si d'autres facteurs sont prédominants ou si l'espèce introduite acquiert de nouveaux ennemis.
Inversion
Inversion
Les espèces introduites peuvent acquérir de nouveaux ennemis généralistes ou pathogènes dans la nouvelle aire, la pression ennemie peut augmenter avec le temps, ou des limites abiotiques/ressources ou la résistance communautaire peuvent empêcher l'invasion malgré la libération des ennemis ; les effets d'ERH peuvent être transitoires ou dépendants du contexte.
Limite
Limite
Clairement dans : populations introduites dont la communauté d'ennemis diffère substantiellement de l'aire native de façon à réduire la mortalité médiée par les ennemis. Cas frontière : introductions où certains mais pas tous les ennemis spécialisés sont absents. Clairement hors : dynamiques de l'aire native ou invasions principalement causées par facteurs non liés aux ennemis.
Tension sémantique
Tension sémantique
Tension entre l'ERH et d'autres explications de l'invasion (traits intrinsèques, pression de propagation, perturbation d'habitat, mutualistes) ; l'attribution mécaniste exige de dissocier les effets des ennemis de ces autres facteurs souvent interactifs.
Synthèse
Synthèse
La libération d'ennemis est une hypothèse mécanistique pouvant expliquer une partie des cas d'abondance d'espèces introduites, mais elle n'est ni nécessaire ni suffisante ; une inférence robuste et une gestion efficace exigent d'évaluer la dynamique des ennemis conjointement à la pression de propagation, aux traits, au contexte abiotique et aux interactions biotiques.